Ce qui va suivre n’est pas politiquement correct. Hier, Jeudi 28 janvier, le fabricant américain de jouets Mattel a annoncé la déclinaison de son iconique Barbie en trois nouvelles versions (noire, ronde, petite ou grande) pour, dixit, « mieux coller aux mensurations réelles des vraies femmes de la vraie vie » et refléter « une vision plus large de la beauté ». Je me suis étranglée en lisant ces déclarations.

Barbie

Outre le fait que la nouvelle segmentation proposée me semble aussi stéréotypée que les attributs surréalistes et tant décriés du modèle original (quid de la Barbie noire, ronde et petite?), je m’interroge sur l’hypocrisie absolue de ce lancement, réponse médiocre de la marque aux accusations de sexisme dont elle fait régulièrement l’objet. J’aurais adoré entendre le fabricant défendre son métier et sa poupée star avec conviction, parler de l’essence même du jouet et de sa fonction dans l’imaginaire des enfants.

Ces derniers ne se construisent-ils pas dans un ajustement permanent (et inconscient) entre la vie réelle et les mythes, les contes, les histoires, les héros? Quelque part entre peurs et merveilleux? Les jouets ont-ils vocation à être le reflet de la réalité? Est-ce le rôle de Barbie d’apprendre aux petites filles qu’elles peuvent devenir ingénieure ou faire du skateboard? A quand un Thor chauve ou un Batman ventripotent, qui n’inhiberaient pas les petits garçons?

En place de discours, une réponse produit, que Mattel tempère aussitôt: « Ces nouveaux modèles seront, pour l’instant, uniquement accessibles en vente à distance sur internet »… Entre poitrine insolente et langue de bois, ce sera à chacune de choisir!