A l’heure où la France vote une loi en faveur de la parité homme-femme au sein des conseils d’administration des entreprises, on ne peut qu’encourager la lecture d’un ouvrage passionnant paru récemment. Femmes d’affaires mythiques décortique les destins lumineux d’une vingtaine de femmes entrepreneuses aux parcours exceptionnels.

Bien entendu, nous connaissons certaines d’entre elles, devenues des légendes vivantes du style et de la mode. Gabrielle Chanel en tête, mais aussi Estée Lauder ou Helena Rubinstein, toutes trois travailleuses acharnées dotées d’un sens des affaires impressionnant, mélange d’intuition et d’expérience. Ou encore la sublime Charlotte Perriand qui souhaitait concevoir des meubles industriellement accessibles pour un vaste public et dont, ironie du sort, les créations originales et les rééditions s’arrachent aujourd’hui à prix d’or.

Issues de familles de la haute bourgeoisie ou parties de rien et de nulle part, les trajectoires de ces femmes d’exception ont cependant un véritable point commun : toutes ont farouchement souhaité « être utiles » et faciliter la vie de leurs congénères. De l’architecte Florence Knoll qui révolutionna dans les années 50 les bureaux des patrons américains, à Marion Donovan qui inventa la couche culotte en nylon en 1946, de Ruth Handler, fondatrice de Mattel et créatrice de Barbie, la poupée la plus vendue au monde, à Brownie Wise, femme d’affaire américaine qui lança les fameuses boîtes Tupperware, toutes n’avaient qu’un objectif en tête : la démocratisation au service du plus grand nombre.

En feuilletant Femmes d’affaires mythiques, on est aussi frappé par l’incroyable féminité de ces entrepreneuses émérites, s’assumant en jupes crayon, blouses en mousseline et talons hauts. Et si ces femmes-là avaient relevé avant l’heure un des défis majeurs de nos sociétés : exprimer tout leur talent et  réussir, haut perché et le rouge aux lèvres ? Diablement inspirant…

Femmes d’affaires mythiques de Claudia Lanfranconi et Antonia Meiners

Editions Dunod, 160 p., 24,90 €