Une mini tempête estivale est en train de secouer le petit monde de la mode. Christian Louboutin, le chausseur préféré des fashionistas, célèbre pour avoir porté la semelle rouge au rang d’accessoire must-have identifiable entre tous, vient d’être débouté à l’issue d’un procès l’opposant à la maison Yves Saint Laurent, cette dernière venant de lancer la commercialisation de souliers à semelles rouges.

Le tribunal fédéral de New York a en effet jugé que, pour très identifiables qu’elles soient, les célèbres patins griffés ne pouvaient être considérés comme une marque déposée et que la couleur rouge ne pouvait être l’apanage exclusif d’une marque ou d’un modèle. Il semblerait pourtant que le créateur de 48 ans ait déposé des brevets allant dans ce sens, sans pour autant que ceux-ci ne soit systématiquement avalisés.

Kate Moss à la ville, Cameron Diaz dans Bad Teacher et Julianne Moore en soirée portent des Louboutin.

Il n’en demeure pas moins que Christian Louboutin, grâce à ses souliers identifiables entre tous, a su créer un petit joyau de l’industrie du luxe et séduire tout ce que la mode compte d’ambassadrices stylées. Vendus au minimum 500 euros la paire, les stilettos du chausseur sont de véritables bijoux, objets d’une vigilance drastique face à la contrefaçon et à la concurrence.

Dès lors, il ne nous aurait point étonné que Christian Louboutin soit copié par quelques obscurs labels, soucieux de récupérer quelques miettes du rêve engendré par le couturier. Il est en revanche absolument édifiant qu’une maison aussi prestigieuse qu’YSL, appartenant de surcroit à un groupe luttant ostensiblement contre la contrefaçon, vienne s’amuser à jouer les opportunistes de pacotilles, au détriment d’une marque ayant développé un produit distinctif et qualitatif s’il en est.

L’affaire ne s’arrêtera certainement pas là, mais la maison Saint Laurent, si elle a gagné d’une semelle cette première bataille, récolte un carton rouge côté élégance et déontologie.