A coup sûr, Ron Galella ne marquera pas l’histoire de l’art du XXème siècle. Mais l’exposition de ses plus célèbres clichés volés, organisée par une galerie parisienne, questionne et émeut.
Ron Galella est le plus célèbre des paparazzis new-yorkais. Né dans le Bronx, et aujourd’hui âgé de plus de 80 ans, ce photographe fut un précurseur de la culture « people », traquant inlassablement tout ce que Manhattan comptait de stars absolues dans les années 70.

Steve McQueen, Priscilla Presley, Jackie O., Lauren Hutton, Al Pacino, Robert Redford

Jackie 0. Lauren Hutton, Steve McQueen, Al Pacino ou Mick Jagger, entre autres, figurent au tableau de chasse de celui qu’Andy Warhol lui-même considérait comme un artiste à part entière. Et à y bien regarder, il est vrai, et pour le moins troublant, que ces images, pourtant arrachées à des célébrités non consentantes et destinées à alimenter une presse peu scrupuleuse, témoignent aujourd’hui à leur façon d’une époque révolue. Celle où les traqueurs de stars, tous intrusifs qu’ils furent, éprouvaient un certain respect pour leurs cibles d’un jour, livrant à leurs rédacteurs en chef des images certes volées, mais dépourvues de toute vulgarité.

Ici, point de cellulite en gros plan ou de bikinis ficelle dévoilant des attributs disgracieux, mais des clichés urbains, vivants, vibrants, dont les modèles involontaires apparaissent presque plus beaux et sensuels dans leurs vêtements du quotidien, qu’endimanchés et « brunchingés » sur des photographies plus attendues. Une leçon d’élégance, pour le moins paradoxale.

Ron Galella, « Boxing with the stars ». A. Galerie, 12, rue Léonce-Reynaud 75016 Paris. Du 12 septembre au 22 octobre 2011.