Je me souviens de la pièce au plancher de bois clair dans laquelle ma grand-mère « faisait sa couture ».

J’étais petite, c’était l’été dans le Sud-Ouest, on appelait ce lieu magique « la petite maison ». Une dépendance de la maison principale en réalité, un petit bâtiment à la peinture écaillée menthe à l’eau.

A l’intérieur, la table de la machine à coudre et sa pédale en fonte, des armoires immenses (du moins me le semblaient-elles du haut de mes huit ans) remplies de coupons de tissus fabuleux. Au sol, étaient délicatement posés des patrons en papier découpé, marqués ici et là par des épingles, jalonnés de fils grossiers qui esquissaient le vêtement en devenir.

La campagne Prada Resort 2015, ses filles vêtues de coutures apparentes semblant nous montrer l’envers du décor, ont fait émerger ce souvenir-là.

Prada 2015Prada 2