2010 fut une année de crise et de repli : c’est bien connu, lorsque les choses vont mal, un réflexe ancestral nous pousse à rentrer au nid et à y apprécier ses valeurs refuges. Souvenez-vous de 2010 : les restaurants célébraient les endives braisées et le riz au lait de grand-mère, chez Vuitton, Marc Jacobs nous faisait le coup des silhouettes fifties et des chignons bananes (commandement Mad Men oblige), les vraies dames mettaient du vrai rouge, le design regardait dans le rétroviseur, les consoles Atari entraient au musée, Whool and the gang, collectif de filles néo cool se découvrant une passion pour le tricot, explosait. En 2010, la planète mode célébrait la tradition confondant souvent chic stylé et ennui neurasthénique.
Heureusement un soir d’hiver, chaussée de moon boots en vinyle orange, 2011 est arrivée sur la pointe des pieds. Et en moins de temps qu’il ne faut pour sabrer une bouteille de Ruinart, elle balayait notre indigestion de marine, de rouge et de camel. Exit les mines contrites et les monochromes beige, vive les minois frais, créatifs et inspirants.
Sur les campagnes de publicité du printemps, les marques de luxe affichent désormais à l’unisson un optimisme et un positivisme retrouvés : les filles éclatent d’un rire communicatif chez Chloé, de gros bouquets de fleurs joyful planent sur les visuels D&G, on note la présence de la 100% healthy Cristal Renn chez Jimmy Choo ou encore celle de Gisèle Bundchen chez Isabel Marant, enfin chez Chanel, la belle Freja Beha batifole gaiement dans l’herbe, se faisant au passage copieusement arroser par un Baptiste Giabiconi hilare.
La gaité serait-elle devenue tendance ? C’est le message tout sauf subliminal que la sphère fashion, qui n’en est pas à une contradiction près, souhaite nous faire passer cette saison, avec toute la subtilité qui la caractérise !…