Vendredi dernier, le ELLE titrait en couverture « La mode à petits prix », soit.
Mais qu’observe-t-on en illustration ?
La sublime Vanessa Paradis, en total look Chanel, maquillage compris !
Veste en tweed reconnaissable entre mille, pochette « Coco Cocoon » en cuir matelassé sous le bras, et, si le doute était encore permis pour quelques distraites, une accumulation de sautoirs affichait fièrement le logo de la maison aux deux C.
Quel message subliminal l’hebdo cherche-t-il à nous communiquer en maniant ainsi la contradiction ?
Que oui, le ELLE traite de mode à petits prix, que non, il n’est pas vendu à ses annonceurs. Nous ne manquerons tout de même pas d’observer qu’à peine la première page du magazine tournée, nous tombons nez-à-nez avec une double page de pub pour… Chanel !
Que oui, le ELLE est un magazine au fait de l’économie française et que oui, sur le nombre important d’exemplaires vendus chaque semaine, le lectorat peut possiblement être jeune, fauché ou simplement raisonnable.

Dans le même temps, la revue fait un pas en arrière en offrant à voir la chanteuse toute vêtue de Chanel et semble signifier :
Qu’il ne soit pas envisageable d’habiller sa tête d’affiche en 3 Suisses, Benetton ou encore Naf Naf (marques issues de la série mode spécial petits prix du numéro concerné). Mais pourquoi ?
Faisons preuve d’indulgence et admettons que la belle fasse partie de la team des ambassadrices de la maison de luxe, induisant ainsi le fait d’être habillée  en Chanel. Dans ce cas, n’était-il pas possible de caster une autre personnalité pour ce numéro ?
Si la volonté du magazine de parler « petits prix »  était sincère, pourquoi ne pas avoir harmonisé titre et image ? En invitant en couv’ Virginie Ledoyen par exemple, actuelle égérie de la marque IKKS, nettement plus abordable.
La démarche aurait été ainsi plus authentique et moins sujette à questions. Enfin, elle aurait également permis de rassurer sur la combinaison mode + petits prix.
Peut-on vraiment imaginer que le ELLE n’ait pas réfléchi à cette contradiction ? Impensable, mais incompréhensible.

Ce message à contresens semble nous concéder le droit d’user de mode à petits prix tout en signifiant que le beau reste cher ou pire, que le cher fait le beau.