Ces jours-ci sort un essai intitulé « Bienvenue dans le nouveau monde, comment j’ai survécu à la coolitude des start-ups » dont le contenu fait déjà couler beaucoup d’encre. Rédigé au vitriol par Mathilde Ramadier, auteure de plusieurs BD, il raconte à travers les expériences vécues de son auteure (et de nombreux témoignages rassemblés pour l’occasion), comment cet univers évocateur de rêve et d’innovation cache une réalité fermée, souvent sectaire et anxiogène, où créativité et autonomie n’ont simplement pas droit de cité.

Un pamphlet glaçant qui fait écho à des situations auxquelles j’ai pu moi-même parfois assister chez mes clients, annonceurs ou agences. Mathilde Ramadier nous raconte comment derrière les tables de ping-pong, les distributeurs de bonbons et autres bars à jus (healthy bien sur), comment derrière ce monde où barbes et franges tiennent lieu d’uniforme, suinte un malaise latent et des modes de management contestables.

La jeune femme évoque le profil du parfait candidat comme une sorte de « robot hypermotivé qui parle en données et dont l’identité se résume à un profil bien lissé sur les réseaux sociaux ». Elle dépeint un monde de process archi bordés où flexibilité, stress, précarité et instabilité sont la norme. Et de décrire le paradoxe édifiant de ces bataillons de jeunes trentenaires (dont on oublie souvent les prénoms) transformés en armées de petits soldats équipés de laptops dernier cri, plus prompts à pondre de l’excel qu’à exprimer un point de vue personnel, une idée singulière.

Bienvenue dans le nouveau monde, comment j’ai survécu à la coolitude des start-ups, Mathilde Ramadier, Editions Premier Parallèle.