Souvent prudents, laissant l’audace à d’autres saisons, les créateurs se sont réfugiés vers quelques valeurs sûres, préférant démontrer leurs talents dans la réinterprétation plutôt que dans la création. S’exerçant davantage aux travaux de matières et de couleurs, les stylistes nous livrent des collections de très belles factures.
Sans nous priver de fantaisies pour autant, ils ont puisé avec allégresse dans les vestiaires des années 60 pour faire revivre une femme adulescente.
Si cette saison ne se démarque pas en terme d’inventivité, elle fait cependant écho à une mode inscrite dans nos esprits que nous prenons plaisir à redécouvrir. Rassurante, elle se veut aussi joyeuse, tant elle plébiscite la couleur.
L’automne-hiver 2011-2012 milite en faveur d’une féminité retrouvée, tantôt juvénile tantôt fatale. Un programme optimiste auquel nous adhérons avec enthousiasme.

Passage en revue des dix tendances phares à retenir :

Le tandem masculin-féminin

Loin d’insuffler un vent nouveau dans le panorama stylistique, cette confusion des genres n’en finit pas de séduire. Allure androgyne, smoking bouleversé, pièces masculines revisitées et sobriété anglaise font de nous des femmes de caractères. De Chanel à Dolce&Gabanna en passant par Paul Smith, l’égalité des sexes semble bel et bien établie au sein de la fashion sphère.

Défilé Paul Smith

En mode Sixties

Coupes ajustées voire étriquées, robes trois trous, pois, carreaux et autres formes géométriques, les références aux années 60 se multiplient. Les teintes moutarde, marron et orange complètent à merveille ces silhouettes tout droit venues de notre cinémathèque.

Défilé Prada

Colorfull

En monochrome ou en color block, peu importe pourvu que la couleur soit ! Le succès des silhouettes tricolores, signées Gucci de l’été dernier, ne se dément pas pour l’hiver. Associant turquoise, gris et marine, Frida Giannini prouve une nouvelle fois que c’est elle la chef de file des palettes mélangées. Mais d’autres s’y sont aussi employés avec talent, comme Christophe Lemaire, qui signe cette saison sa première collection en tant que directeur artistique de la maison Hermès. Succès assuré à copier/coller.

Défilé Hermès

Burgundy

S’il est une couleur qui se fait rare dans nos vestiaires, c’est bien celle-ci. Lie-de-vin, prune foncé ou bordeaux, ces teintes aux notes subtiles s’envisagent pour des tenues ultra féminines comme chez Céline ou Akris. Une tendance qu’on accueille avec délectation. L’abus de bordeaux est bon pour notre santé.

Défilé Céline

Hommage à Delaunay

Formes géométriques, couleurs vives et matières variées signent les œuvres de l’artiste. Nombreux sont les créateurs à s’être inspirés de son travail, parmi eux on trouve : Jil Stuart qui l’associe aux robes, Prada qui l’envisage sur une jupe ou encore Céline qui  l’applique sur un pull.

Défilé Aquascutm

En piste

Les pièces phares de nos silhouettes transalpines enneigées s’invitent à la ville. Sous-pulls, fuseaux et petits pulls en laine courts, de préférence de couleurs vives, rehaussent nos allures sporty chic.

Défilé Jil Sander

Surdimensionnée

La veste oversize a su trouver sa place dans nos gardes robes depuis quelques saisons déjà.  Carrure juste un peu trop large ou carrément surdimensionnée, la veste d’homme s’arbore hyper stricte comme chez Stella Mc Cartney ou façon surveste chez Isabel Marant.

Défilé Isabel Marant

Off white

Ultra chic aux premiers frimas, la teinte immaculée trouve toujours la grâce d’embellir nos mines pourtant porcelaine de l’hiver. Crème, craie, écru et autre blanc mélangé s’animent en monochrome ou associés l’un avec l’autre. Grande nouveauté de la saison.

Défilé Chloé

La fourrure

Si celle-ci soulève toujours la polémique, le sort qui lui à été réservé cette saison est plutôt réussi. En effet, elle se voit dotée de couleurs innovantes pour réchauffer nos cous ou nos épaules comme chez Gucci qui ose le violet, le turquoise ou encore le rouille. En col amovible ou en chauffe-épaule, la touche fourrure est de toutes les collections.

Défilé Gucci

Le python

Il n’est plus un hiver qui ne plébiscite un pelage jungle ou une peau exotique. Si l’année dernière célébrait encore le léopard, cette saison, celui-ci s’efface au profit de l’imprimé reptilien. Le serpent s’appose sur toutes les pièces et gagne en modernité lorsqu’il se fait coloré, rose comme chez Dior, tilleul chez Prada ou encore bleuté chez Gucci.

Défilé Dior