Soyons franches : chez Coco Montaigne, la déferlante grunge et son esthétique faussement destroy, nous laisse dubitatives.  Avant la ruée attendue sur les blouses en soie, robettes fleuries, boots de motardes et autres fantaisies hors de prix griffées Saint Laurent, voici un petit rappel culturel, à défaut d’historique.

Kurt Cobain, vraie icone grunge

A l’origine, le grunge est un courant musical né à Seattle au milieu des années 80. Dans cette région pluvieuse, à l’économie désenchantée,  les jeunes n’envisagent pas l’avenir. La frustration de cette génération est portée par des groupes indépendants (Nirvana et Pearl Jam en tête) au son punk, boueux et rageur. Le courant grunge est né, porte-voix d’une jeunesse révoltée, refusant le matérialisme et posant un regard totalement désabusé sur la société de consommation. Le « style » grunge est tout sauf une mode. Il se shoppe dans les friperies où l’on acquiert à moindre cout des pulls oversize, souvent troués et décousus, des jeans de seconde main, des chemises à carreaux de bucherons.

Que penser de la récupération grotesque de cette esthétique par les maisons de luxe et les magazines glossy ? Les néo punkettes griffées du cynique Hedi Slimane peuvent bien aller se rhabiller…