Cela ne vous a sans doute pas échappé, le concept de la « Parisienne » fait vendre. A longueur de magazines, les Caroline de Maigret, Cécile Cassel, Jeanne Damas et consoeurs, dans le sillage de leur illustre ainée Inès de la Fressange, font commerce de leur « coolitude » et nous rabattent les oreilles (pour rester polie) avec leurs conseils en style visant à parfaire notre look de Parisienne parfaite.

Dans chaque livre, chaque interview, la même caricature: la Parisienne aurait ce talent inné pour afficher un look chic et un naturel désarmant sans avoir l’air d’y toucher.

On ne naît pas...parisienne, on le devient

Que penser des recettes proposées (et suivies) par cette brochette de Narcisse urbaines et leur nouvelle tyrannie du look? Au minimum que l’uniforme qu’elles nous proposent est tout aussi formaté et attendu que les fashion faux pas qu’elles dénoncent à coups de préceptes réchauffés.

Mixer petits prix et pièces créateurs (non, vraiment?), piquer les chemises et le pardessus oversize de son homme (quelle drôle d’idée?), adouber le duo blazer marine/marinière (valable aussi pour le duo Stan Smith/sac Chanel), afficher un cheveu propre, mais attention, pas trop brossé (et si possible châtain avec une frange), un maquillage nude imperceptible (ah oui?), mais une vraie bouche rouge les soirs de sorties (non?), voilà un florilège des décevantes banalités préconisées par ces nouvelles bibles tendances qui s’écoulent à plusieurs milliers d’exemplaires.

Mais où ces prêtresses de l’apparence, ces amazones du cool imposé, font-elles place à la fantaisie, à l’audace, à l’humeur du jour, à l’accident? Et comme l’étendard « Parisienne » semble étriqué sous leurs plumes stakhanovistes!

Mais, trêve de plaisanterie, laissons ces demoiselles à leurs miroirs et à leur nécessaire de modestie. Et continuons de coordonner nos souliers à notre lipstick, si le coeur nous en dit!